Il y a melon et melon...
La cueillette des melons est un travail de haute compétence. Chaque jour, on passe dans les rangs cueillir les fruits mûrs, juste à point.

Le melon appartient à la famille des concombres, courges, pastèques et autres cucurbitacées. On trouve principalement sur les marchés le charentais, le rond brodé, le canari, le galla. Mais on connaît moins le « petit gris rennais ». Et pourtant!

Petit gris rennais. Ce melon n'a subi ni évolution, ni mutation génétique. Le marché est actuellement limité mais il y a 30 ans, la production de cette variété de melon était importante. L'écorce du petit gris est légèrement duveteuse, avec des reflets gris vert (d'où son nom). A maturité, la chair est fine, très sucrée et véritablement goûteuse.

Melon. C'est un produit extrêmement fragile et très sensible aux manipulations. Marie-Thérèse sert elle-même ses clients. Elle explique : « je demande à mes clients, vous voulez un melon à consommer quand, pour combien de personnes, à manger à la fourchette ou à la cuiller ? » En confiance, selon les réponses, elle propose ses produits.

« Que voulez-vous, ajoute-t-elle, la nature a fait des gros et des petits... nous on veut tout calibrer! Ca n'existe pas des melons uniquement pour 4 personnes ».

Maturité. Le signe qui indique qu'un melon est mûr, c'est, en exerçant une simple pression, le décollement naturel du pédoncule. Lorsqu'un melon n'est pas arrivé à maturité, on aura beau faire, on ne pourra le détacher de sa liane. Mais dès qu'il est mûr, il doit s'écouler de 24 à 72 h jusqu'au moment de la consommation, hors chaîne du froid.

Odeur. Lorsque le melon est mûr, il est dense dans la main. Le pédoncule, ou encore le point d'attache, est légèrement soulevé, voire enlevé. Au point opposé, c'est-à-dire au point pis-tillaire, le melon doit être odorant. « Pour les gens, le melon c'est une odeur, un goût de sucre, un souvenir de vacances ensoleillées. Pour ne pas être un « navet », II doit avoir été cueilli Juste à point», explique encore Marie-Thérèse. Mais c'est quand même la nature qui a le dernier mot et lorsqu'il y a des saisons avec 20 % d'ensoleillement en moins ou trop de pluie, « on a beau faire, mais le melon est moins sucré et parfumé ».

Texte : MARIEL Photo : Hervé Boulé

           
Ouest-France 11 et 12 Juin 1994