Le « petit gris »
Un Rennais en voie de disparition

Si vous faîtes parfois les marchés, vous connaissez sans doute le « petit gris ». Ce produit typiquement rennais est un melon.
Cette variété est apparue il y a maintenant un peu plus de 50 ans. Un maraîcher vous dira qu'elle a plus de goût, est plus sucrée et a un meilleur parfum que les cucurbitacées du Midi ou du Poitou-Charente.
Hélas, trop cher à produire, le « petit gris » ne peut plus faire face à la concurrence. Les exploitants sont obligés pour en avoir dès le mois de mai de chauffer les serres. Avec la hausse du coût de l'énergie, ce n'est plus possible. De 400 tonnes au début des années 70, on est passé actuellement à une production d'environ 80 tonnes.
Le climat rennais ne permet pas la culture de plein champ comme cela se fait au sud de la Loire. Les melons du soleil, qu'ils soient de Cucuron-les-Olivettes ou de Cavallion, coûtent deux fois moins cher. Les commerçants constatent cependant que les petits melons gris verts du terroir se vendent toujours aussi bien à Rennes, mais de plus en plus difficilement dans le reste du département. Il n'est même pas possible d'en trouver en dehors de l'ile-et-Vilaine car Ils supportent très mal le transport. Dommage, encore un produit qu'on ne peut pas exporter.


La culture de ce fruit présente d'autres difficultés. Cette variété est très fragile et exige beaucoup de soins. Ainsi, il est nécessaire de ne les couper que le samedi soir pour les marchés du lundi matin. Sans cela, trop mûrs, ils ne se conserveront pas. Malheureusement pour les gourmets, le personnel n'est pas toujours disponible en fin de semaine.
D'ici quelques années, les maraîchers qui consacreront encore temps et attention à cette culture seront de moins en moins nombreux. Les gourmets ne tarderont pas à lancer le slogan : " Sauvez les petits gris » !

Photo Guy Martin