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UNE CHARTE DE QUALITÉ Devant la menace de voir disparaître le fruit du pays, le sang de Marie-Thérèse ne fait qu'un tour. Il y a cinq ans elle partait en croisade, soutenue par Daniel Lebon, de la chambre d'agriculture. Son syndicat, celui des producteurs de melon petit-gris de Rennes, a pour vocation « l'organisation, la commercialisation et la prise en charge de toute initiative » (en particulier la promotion d'une marque collective certifiante) se rapportant au melon en question. Une dizaine de producteurs rejoignent Marie-Thérèse. De Janzé à Pacé en passant par Rennes, on s'organise. Les maraîchers choisissent d'estampiller leurs melons d'une petite pastille, garantie pour le consommateur. Ils s'engagent ainsi à respecter les conditions nécessaires à la maturation de ce fruit. La pasionaria du melon fait des émules parmi les fins gourmets. Un autre petit-gris est donc venu se joindre sur les tables festives à l'escargot petit-gris. Restaurateurs et producteurs se sont unis pour le meilleur, fondant à Cesson-Sévigné la confrérie du Petit-Gris cessonnais. RÉCOLTÉ
DE MAI À OCTOBRE Mais revenons à nos
melons... Classé par le botaniste Naudin (1859) dans les melons sucrins,
le petit-gris est de taille moyenne, de forme ronde, a l'épiderme lisse
et pèse entre 500 à 700 grammes. A maturité, sa chair devient orange vif
et délicatement sucrée. Avec un tel fondant en bouche, le goûter c'est
l'adopter. |
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« Plus qu'un acte commercial, c'est du bonheur que nous offrons », argumente Marie-Thérèse. Durant la récolte (mi mai à fin octobre), elle vit une histoire de passion avec ses melons. Tous les matins, elle passe de longues heures dans les tunnels où mûrissent les melons palissés. « On fait monter le melon à la ficelle, en faisant grimper la plante enracinée dans la terre. » Le fruit ne reposant pas sur le sol, il ne risque pas de s'abîmer. Thérèse observe, soupèse. A maturité, le pédoncule se détache tout seul, laissant perler une goutte de sève rouge, un signe qui ne trompe pas : « Le sucre se fait pendant les quatre derniers jours de la maturation. Cueilli, il n'augmente plus son taux. » Récolté trop tard, le melon jaunit et « tourne en eau ». 3 000 PLANTS DE MELONS Sous 2 000 mètres carrés de tunnel et 400 de serres, Marie-Thérèse cultive 3 000 plants. « Grâce au travail du syndicat, le producteur national de semences |
a accepté de conserver dans son catalogue cette variété de melon. » Et une victoire de plus sur le temps ! Les graines de petit-gris et de melons sauvages (futurs porte-greffe résistant à la maladie dévastatrice provoquée par le fusarium) sont semées sous châssis chauffé sous serre à 25 °C. Après le greffage (15 à 20 jours après semis), les plantes sont installées en culture à raison de 1 ou 2 plants par mètre carré. « La terre doit être épaisse et non sableuse », précise Marie-Thérèse. Un mois et demi après la plantation, des ruches sont introduites pour la pollinisation. Une quinzaine de jours plus tard apparaît un petit pois qui deviendra petit-gris. Le melon s'autorégule : « La plante fait avorter les melons quelle ne peut pas nourrir. Il ne faut pas trop arroser sinon ont fait de la courge. » Comme le vin, le melon puise ses qualités dans la terre... celle du pays de Rennes, qui fait désormais rougir de plaisir le petit-gris rennais.
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