«A
50 ans, je me suis dit ; qu'est-ce que tu as fait de ta vie professionnelle
? » Cette réflexion va mûrir doucement - comme la chair délicate
du petit-gris - dans l'esprit de Marie-Thérèse Rescan. «Nous sommes
maraîchers, et nous avons toujours fait du melon chez nous. Pour les
fêtes, les baptêmes, mariages, communions, il a toujours été à l'honneur
sur les tables du pays. Servi nature et rafraîchi pendant deux heures,
c'est là qu'il est le meilleur.» On l'aura compris, si les petits
garçons naissent dans les choux, chez les Rescan, à la Haye-de-Terre
en Cesson-Sévigné, on naît... dans les melons.
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Tel
fut le cas de Jean-Claude, son mari, qui lui a transmis la fibre
familiale. « Au cours des années soixante-dix, dans le bassin rennais,
près de 400 tonnes étaient produites chaque année. Aujourd'hui,
comptez à peine 30 tonnes. Nous en produisons 7. » Ce désintérêt
s'explique par le mode de culture du petit-gris, peu adapté aux
impératifs économiques de l'industrie alimentaire. Son écorce très
fine ne supporte pas les maniements intermédiaires. Il se vend donc
en direct le jour de la cueillette, sur les marchés locaux, et à
l'unité chez les primeurs pour environ 25 francs le kilo. Trop d'aléas
ont poussé bon
nombre de maraîchers à mettre ce melon en quarantaine.
suite....
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